PRINCE EMMANUEL NGASSA HAPPI : “J’AI BATTU AHMADOU AHIDJO”

Les plus belles victoires de Prince Emmanuel Ngassa Happi avec l’Union sportive de Douala ne sont pas celles acquises en compétitions africaines des clubs mais le trophée soulevé devant le Canon de Yaoundé en 1980 en finale de la coupe du Cameroun. Le patriarche nous explique pourquoi.

“Ma plus belle victoire ce n’était pas en coupe africaine. Ce ne sont pas les deux victoires africaines. C’est la victoire contre Canon à Douala en 80. Je dis à tout le monde, on me dit la coupe d’Afrique. Je dis non ! Ma plus belle victoire, c’est la victoire de 80. En 80, je me demandais si je n’étais pas fou parce que j’ai eu l’audace de monter sur le tapis rouge avant l’arrivée du président Ahidjo. C’est après que je me rends compte que j’ai fait un acte d’une inconscience totale mais d’une témérité extraordinaire. Oui parce que voilà un jeune en 80 qui, parce qu’il se retrouve en finale de la coupe du Cameroun, marche fièrement sur le tapis rouge qui est réservé au président et tout le peuple se lève pour me saluer. La police et la gendarmerie ont voulu m’attraper pour me mettre au gnouf mais Dieu leur a dit que je ne suis pas là pour une opposition politique. Moi-même, je me suis demandé quelle témérité ! J’avais un ami qui était l’ami d’Ahmadou Ahidjo, Moussa Yaya et mon cousin qui était son directeur de protocole Gabriel Happi qui m’ont dit après que “le président Ahidjo a beaucoup admiré ton courage”. Mon cousin m’a dit que le président Ahidjo lui a dit après que ton cousin-là est téméraire. C’était courageux. On voulait m’inquiéter, il a dit mais pourquoi vous voulez l’inquiétez. Parce qu’il m’a battu ? C’est pourquoi je dis que c’est ma plus belle victoire parce que j’ai battu Ahidjo. Vous savez que Ahidjo était Canon 150°/° et Tonnerre c’était madame Ahidjo. Tous les ministres étaient dans Canon. Et voilà une équipe comme Union de Douala avec un jeune qui sème la panique partout. Le président avait sa cigarette. Je marque le premier but, il est fâché, il fume cigarette sur cigarette. Quand Manga égalise, il est content, il ne fume plus mais il oublie que je vais le battre. Quand j’ai marqué le deuxième but, on a gagné la finale. Je l’ai regardé, nous nous sommes regardés. J’étais fou ! Oui monsieur, j’étais content ! C’était ma plus belle victoire. Les jeunes m’ont fait honneur, ils ont joué. Et c’était la première fois où on jouait une finale à Douala. On a jamais fait une finale à Douala.” Confie l’ancien président de l’Union sportive de Douala.

Par Pape Cardin 

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