MERCATO : LE JOUR OÙ ANDRÉ ONANA A FAILLI QUITTER L’AJAX POUR GUINGAMP

Désespéré à l’Ajax Amsterdam, il y a quelques années, André Onana aurait pu porter le maillot de Guingamp avant que l’opération ne tombe à l’eau. Le gardien des Godenzonen raconte l’histoire.

“Après dix jours au pays, la fédération m’a donné la lettre. Voilà le plus difficile : je rentre, je présente au club, on ne me croit pas. L’entraîneur m’a renvoyé à l’équipe B immédiatement. Ça c’est l’histoire de ma vie. Ce sont des choses qu’on ne connait pas. Lui et moi, on cause. Je lui dis que je mérite, il me dit “non, je suis jeune. André, je vais acheter un autre gardien”. Il y a un club de D2 en France que j’ai appelé. Je crois que c’était Guingamp. Je voulais jouer, je n’en voulais plus. Tu te retournes vers le pays, on te broie, tu viens ici, ça chauffe. Je voulais changer de pays. J’ai un ami agent en France que j’appelle et je lui dis de me trouver une situation en France. Il me dit qu’il va voir. Il appelle le club. Le club dit “mais non ! André est un très bon, il était sur la liste mais on a acheté un gardien hier à 15 heures. Voilà la situation qui commence. J’étais avec la réserve, j’ai fait mes huit matchs avec la réserve. L’Ajax qu’on dit aujourd’hui qu’il m’aime tant m’a demandé de partir. Lorsque j’étais avec la réserve, il y avait les rumeurs, les médias commençaient à parler de Barcelone. Qu’est-ce qui se passe ? Je suis au parking, je veux entrer dans ma petite voiture pour rentrer chez moi, je tombe  face à face avec l’entraîneur. Il me dit “demain, je joue avec toi. Je vais te donner trois matchs mais je vais acheter un nouveau gardien. Saches que tu n’es pas mon numéro 1. Je vais acheter un gardien et après on va voir.” J’arrive à la maison, Mélanie n’était pas là. J’appelle Mel, je lui dis que ça c’est la fin d’André Onana. Je pense que quand on est jeune, c’est mieux de commencer à l’extérieur parce que quand tu commences chez toi, avec le public, soit ça passe soit ça ne passe pas. On joue à la maison, je prends deux buts, on perd. Imagines un gardien de 20 ans, africain, noir. Au pays, on finissait avec moi. Ici, c’était la catastrophe. Quand je rentre, mon entraîneur me dit “ne lis pas les journaux, ne regardes pas les médias. Je suis la proie la plus facile. Tout le monde tire sur moi, c’est la magie. Je cause avec mon grand frère, je lui dis que je vais commencer mais que je pense que ça va être la fin, on ne va pas me pardonner parce que je suis de couleur. Quand on commet les erreurs, on frappe fort sur nous. Je lui dis de ne pas dire à ma mère parce qu’elle est le genre que lorsqu’il y a match, elle prie, elle a peur, elle a la pression. Je dis à mon frère de ne pas dire à mon père parce que si ça se passe mal, mon père aura même une attaque d’AVC. Je joue, on perd mais… Quand Dieu dit que c’est pour toi c’est pour toi. Cillessen était là, il a fait quatre saisons, il n’a pas pris de penalty. Et moi, un jour, à la 17e minute, on commet un penalty. Je dis que le tour-ci, je meurs du côté droit, je décide de plonger à droite. C’est comme ça que le gars tire à droite, j’arrête. Quand j’arrête le penalty, j’ai un ouf, j’ai un soulagement. Je me dis que au moins là, on ne va plus trop me critiquer, on ne va plus trop tirer sur moi. Mais je ne savais pas que c’était toute une histoire parce que le dernier penalty qu’on avait pris, remontait à quatre saisons. On gagne 1-0 et j’ai arrêté le penalty. Il y a quand même la balance. Le petit là est jeune mais il peut hein! Troisième match, on joue, j’ai trois matchs, deux victoires. On ne peut pas m’enlever. Tim Krul est venu. Je joue le 6e match, on gagne, le 7e match, on gagne, le 8e match… Je joue 10 matchs, on gagne. Tim Krul met la pression et dit qu’il est venu jouer. Qu’il n’accepte pas d’être sur le banc et voir un jeune, un no name, jouer. Je joue 17 matchs, on gagne. On était dans une position où il fallait qu’on perde pour qu’on m’enlève mais comme on ne perdait pas, je continuais à jouer. Je jouais mes petits matchs, je grattais mes minutes. On ne change pas l’équipe qui gagne. 17e match ,on va en vacances. En janvier, il y a la CAN et si je pars en tant que 3e gardien, tu veux que je dise quoi ? Il faut que les choses soient un peu claires.” 

Par Pape CARDIN 

Similar Posts:

    None Found

Vues : 1029

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Solve : *
6 + 8 =


Connections

FACEBOOK