FRANCK KOM : “TOUT CE QUE DIEU FAIT EST BON”

Lors d’un séjour éclair au cours duquel il a été récompensé par le cercle des journalistes camerounais amis de la paix, Franck Kom a longuement échangé avec notre rédaction sur son actualité. Ses premiers mois au Qatar qu’il a rejoint en juillet dernier en provenance de l’Espérance sportive de Tunis, son avenir aussi bien en club qu’en sélection et sa vie privée étaient au menu de notre longue conversation.

Quel est votre sentiment après la réception de ce prix que vient de vous décerner l’association des journalistes camerounais amis de la paix ?

C’est avec un sentiment de joie que j’ai reçu ce prix. Ca prouve que au Cameroun on reconnait aussi les efforts. Avant de venir je ne m’y attendais pas. J’ai été très flatté par le projet de cette association, et personnellement, je serais membre indirectement. L’une de ses missions c’est soutenir les nécessiteux. Si le Seigneur nous donne un peu, pourquoi on ne partagerait pas  avec les autres.

Ce prix récompense à coup sûr la brillante saison que vous avez accomplie avec l’Espérance de Tunis avant de vous envoler pour le Qatar, n’est-ce pas ?

On a fait une très belle saison, surtout sur le plan continental où l’objectif a été atteint. C’est un rêve pour un joueur professionnel de remporter des titres sur le plan local et international. Donc le bilan a été positif.

Comment avez-vous vécu la polémique qui a suivi votre sacre en ligue des champions ?

L’équipe adverse avait décidé de ne pas poursuivre la partie en contestant et en réclamant la Var alors qu’on menait 1-0. Au finish, la CAF a appliqué la décision en nous donnant la victoire. Le TAS nous a ensuite donné gain de cause. Je crois que la page est tournée.

Pourquoi êtes-vous parti de l’EST ?

A 29 ans, on n’est pas si vieux que ça mais, à un moment donné lorsque tu te rends compte que tes efforts sont moins récompensés, tu changes d’air. J’ai tout fait lors de mes deux années passées à l’EST mais la reconnaissance n’était pas à la hauteur.

AL AIN,UNITED ARAB EMIRATES – DECEMBER 18: Franck Kom of Tunis in action during the match between ES Tunis and CD Guadalajara on December 18, 2018 in Al Ain, United Arab Emirates. (Photo by Etsuo Hara/Getty Images)

Quelle est l’actualité de votre club en championnat ?

La voie a été montrée par le grand frère Samuel Eto’o. Al Rayyan FC est l’un des clubs mythiques du Quatar. Ils ont de grandes ambitions au regard grands joueurs qu’ils ont enrôlés à l’instar de Yassine Brahimi, Gabriel Mercado, et peut-être bientôt, Fernando Torres Luis Suarez. Aujourd’hui, nous partageons la deuxième place avec Al Saad FC, il y a encore des matchs et nous espérons terminer sur le podium.

Quels sont vos objectifs ?

Je suis au Qatar à Al Rayyan club comme vous le savez. J’ai signé là-bas avec l’ambition de gagner des titres. Nous travaillons pour que ce soit effectif.

Pourquoi avoir fait l’essentiel de votre parcours professionnel dans le monde Arabe ?

Pour ce qui est de mon parcours essentiellement dans le monde Arabe, c’est Dieu qui décide. Tout le monde n’est pas Samuel Eto’o ou papa Roger Milla. Chacun a son destin et, on accepte ce que le Seigneur nous donne. J’ai joué en Allemagne mais c’était court. Si je suis retourné en Afrique, c’est pas parce que je ne pouvais pas rester en Europe. Après ma première saison en Allemagne, j’ai eu des offres au Verder de Brême, Hambourg, mais j’ai décliné pour des raisons financières. Les impôts me coûtaient tellement. C’est différent dans le monde arabe.

 Malgré vos bonnes performances en club, vous n’êtes pas appelé  en équipe nationale. Etes-vous frustré ?

Je pense que actuellement, l’équipe nationale fait de très bons matchs, je ne peux pas m’en prendre aux dirigeants ou au sélectionneur. Il y a de bons joueurs à mon poste. L’essentiel c’est que le Cameroun gagne.

Accepteriez-vous de revenir en sélection ?

C’est une question qui m’embarrasse. Actuellement, je suis sous contrat avec mon club pour 3 saisons et je préfère me concentrer. Le moment venu, je prendrai le temps de réfléchir avec mes proches avant de décider. Mais je reste ouvert.

Comment avez-vous vécu la CAN 2019 ?

J’étais le premier supporter des Lions lors de la récente CAN. J’étais l’un de ceux qui avaient le plus de pression car en club ça intrigue beaucoup si les résultats ne sont pas bons. Dans mes prières, je souhaitais que l’équipe gagne et aille le plus loin possible, mais le Seigneur a décidé autrement.

Avant la CAN l’équipe s’est préparée au Qatar. Avez-vous eu l’occasion de discuter avec vos anciens coéquipiers ?

À leur arrivée, je n’étais pas là, j’étais en vacances à Paris. Au retour on s’est rencontrés à l’aéroport, on a échangé quelques minutes car j’ai encore des amis et des frères dans la tanière. J’ai ressenti dans le groupe une certaine harmonie et ça faisait vraiment plaisir de les rencontrer.

Au lendemain de la CAN, il y a eu des révélations fracassantes faites par certains joueurs. Était-ce aussi le cas à votre époque ?

Lorsque j’étais dans la tanière, je n’ai pas vécu des choses négatives.  C’était un peu une maison blanche s’il faut le dire ainsi. Ceux des joueurs qui font des déclarations ont leur raison, mais pour moi personnellement de par l’expérience que j’ai vécu, c’est un bon milieu.

Suivez-vous le championnat Camerounais ?

Pour un footballeur qui a joué au Cameroun, c’est une obligation d’avoir des informations relatives au championnat camerounais. Je sais que le championnat se joue sur de bonnes pelouses comme à Limbé. Ca ne peut que faire un plaisir et cela va forcément susciter un engouement particulier. Il n’est pas exclu que je vienne terminer ma carrière au Cameroun. Je profite pour remercier les dirigeants pour les efforts.

Êtes-vous fier de votre parcours ?

Je ne peux qu’être fier lorsque je regarde mon palmarès, j’ai gagné  plusieurs titres et je voudrais continuer dans cette lancée.

Quels sont vos regrets ?

Je n’ai pas de regrets parce que je suis un croyant. Tout ce que Dieu fait est bon. Pour moi, ma position actuelle, ma trajectoire, c’est ce qui était prévu pour moi. Je ne peux que remercier le Seigneur.

Franck Kom est-il marié ?

Je suis marié depuis pratiquement 5 ans maintenant et papa d’une fille de 5 ans. Je vis avec ma femme et elle est camerounaise bien-sûr.

Comment vivez-vous l’ambiance de la prochaine coupe du monde 2022 prévue au Qatar ?

Mes déplacements se limitent entre la maison et les entraînements. Donc je ne suis pas très au parfum de l’ambiance de la coupe du monde qui s’y jouera en 2022. Certainement ma femme pourrait répondre à cette question parce qu’elle c’est elle qui sort pour faire les courses.

Par Sylvain KWAMBI

 

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