FECAPOLIF – BRAS DE FER : JULIEN BOUMSONG RÉPOND À CALVIN YAHO

Grand promoteur du bras de fer au Cameroun depuis 2015, Julien Boumsong qui cumule les fonctions d’entraîneur, d’encadreur et d’athlète conformément aux règles de la discipline a décidé de vider son sac dans le conflit qui l’oppose au Président de la fédération camerounaise de powerlifting Yaho Calvin. Dans un long entretien qu’il nous a accordé, le Secrétaire Général de la Fédération Africaine de Bras de Fer n’est pas allé du dos de la cuillère pour répondre au président de la FECAPOLIF.

 

 

Pouvez-vous vous présenter à nos internautes ?

 

Je m’appelle Julien Boumsong, arbitre international et entraîneur certifié WAF. Je suis en même temps expert en formation d’arbitrage et d’entraîneur. Je suis également Secrétaire Général de la Fédération Africaine de Bras de Fer.

 

 

 

Comment êtes-vous devenu SG de la Fédération Africaine de Bras de Fer ?

 

C’est le travail qui m’amène à ce niveau. De 2013 à 2015, je pratiquais et encadrais les athlètes de bras de fer de façon anonyme, et à chaque fois je postais mes travaux sur les réseaux sociaux. Le Fédération Africaine voyant mon travail et l’engouement que j’avais pour cette discipline, c’est ainsi que je reçois un coup de fil de Monsieur El Mamoune Mohamed, Président de la Fédération Africaine de Bras de Fer qui me propose d’être Secrétaire Général de la Fédération. J’ai accepté volontiers. Il m’a nommé en Mars 2015  et j’ai assuré l’intérim jusqu’à la tenue de l’Assemblée Générale Élective en juillet 2016 en Egypte, où j’ai été confirmé à ce poste à l’unanimité des membres. Voilà comment j’arrive à la Fédération Africaine de Bras de Fer.

 

 

 

Pourquoi votre élection en tant que SG africain du bras de fer pose problème ?

 

Lorsque je suis élu en 2016, j’adresse une correspondance au Minsep pour lui faire savoir qu’un compatriote a été porté à un poste sur la scène continentale, et le Président Yaho Calvin a été informé. Donc grande est ma surprise de constater aujourd’hui qu’il trouve à redire. Pourtant depuis tout ce temps ça n’avait jamais posé problème. Pourquoi ce n’est que maintenant que ça pose problème ? La question demeure.

 

 

 

Le Président Yaho Calvin vous accuse de rébellion. Quelle est votre réaction ?

 

 

Je ne suis jamais substitué à la fédération. La preuve je ne n’ai jamais organisé un championnat au Cameroun, je n’organise que des tournois vu que ce n’est que ça qui est autorisé aux associations. Il est bon de préciser que c’est en 2020 que je décide de travailler avec la fédération camerounaise de power lifting. Avant ce n’était pas le cas et il faut bien pour que les gens le sachent. Le bras de fer était presque inexistant, du moins inopérant au Cameroun jusqu’à ce que par passion je me résous à promouvoir cette discipline au Cameroun et la porte au niveau où elle est aujourd’hui à travers mon association. La FECAPOLIF ne peut vous montrer aucune activité liée à cette discipline dans son cahier de charge. Mon association de 2015 à 2021 a remporté 9 médailles à l’international dont 4 en or, 3 en argent et 2 en bronze, et toutes les dépenses liées à ce succès n’ont jamais été adossées à la charge de la FECAPOLIF. Que ce soit les billets d’avion, mes formations en Europe et même les compétitions au niveau international, nous n’avons jamais reçu une aide de la fédération.

 

 

 

Comment vous vous êtes affilié sans l’aval de la FECAPOLIF ?

 

 

Pour ceux qui ne le savent pas, dans les statuts de la WAF et même de la Fédération Africaine de Bras de Fer, une association peut s’affilier quand ce sport n’est pas existant dans un pays, et c’est à ce titre que je me suis affilié car étant la seule association au Cameroun qui travaille à la promotion et la vulgarisation de ce sport au Cameroun. Avant de valider ton affiliation, on vérifie de la véracité de tes activités. Et s’il y a une autre association ou une fédération, on vérifie de savoir quelle est l’entité habilitée. Pour la FECAPOLIF, ça n’a jamais été le cas et je ne suis même pas sûr que là-bas on connaisse les éléments qui constituent une table de bras de fer.

Quels sont vos rapports avec la FECAPOLIF depuis 2020 ?

 

 

Je suis affilié à la Fédération Africaine de Bras de Fer depuis 2015, ça fait pratiquement 6 ans maintenant, et je vous ai précisé plus haut que ce n’est qu’en 2020 que je décide de travailler avec la FECAPOLIF comme discipline affinitaire. Vous convenez avec moi que depuis ce temps, vous ne pouvez prendre part aux championnats du monde et même Africains si vous n’êtes pas affiliés. Et toutes mes participations aux compétitions ainsi que les médailles que j’ai remportées n’ont jamais posé problème jusqu’à ce que je décide de travailler avec le Président Yaho Calvin. Revenant de l’international en Mars 2020, nous nous retrouvons confiner dans un même hôtel de la place et on décide de se mettre ensemble et j’accepte pour le bien des athlètes que je forme au regard de l’ouverture que ça pourrait les offrir à l’international au regard des compétitions, ce qui est une aubaine pour eux, mieux que l’argent. On fait un chronogramme de travail et il me demande de monter un projet pour bénéficier de la subvention de l’État. Ce que je fais et je dépose au Secrétaire Général de la FECAPOLIF qui achemine au Minsep.

 

 

 

Quel est donc le point d’achoppement ?

 

 

C’est quand la subvention tombe en vue de la participation du Cameroun aux championnats d’Afrique de bras de fer en juillet que les problèmes commencent. Il m’invite dans son bureau pour m’annoncer la bonne nouvelle et je suis content de voir mes efforts depuis 6 ans enfin reconnus car les athlètes pourront enfin en bénéficier. Il exige de moi que je retire mon affiliation au profit de la FECAPOLIF afin de bénéficier de cette subvention. Voilà le point d’achoppement. Je ne suis pas en train de dire qu’il soit friand de cet argent car c’est un Monsieur qui a des moyens, mais je relève simplement les faits qui conduisent aujourd’hui à ce problème que nous vivons. Donc tout ce qui est dit aujourd’hui, toutes ces accusations sur ma personne aujourd’hui partent de là.

 

 

 

Quelle est aujourd’hui la position de l’international ?

 

 

Les règles sont tellement bien ficelées à l’international qu’il n’est pas opportun actuellement qu’il y ait une ingérence de leur part car c’est un problème local qui doit se gérer localement. C’est seulement si ça prend des proportions importantes qu’on pourrait en arriver à cela. Il est tout de même à noter que ne peut être affilié qu’une fédération ou une association qui pratique le bras de fer et qui a dans ces statuts tout ce qui concerne le bras de fer, ce qui n’est pas le cas pour la FECAPOLIF. Dans leur statut, en dehors du power lifting, toutes les autres disciplines ne sont évoquées qu’en terme de disciplines affinitaires, rien de plus. Si la FECAPOLIF pratiquait le bras de fer, la question serait vite tranchée.

 

 

 

Le Minsep s’est-il déjà saisi du dossier ?

 

 

Je n’en ai pas connaissance. D’ailleurs mon souhait c’est de voir intervenir le Minsep pour y voir plus clair. Ca permettrait d’écouter toutes les parties et de voir déjà si la discipline première de la FECAPOLIF est bien gérée car il ne suffit pas simplement de vouloir s’accaparer une autre discipline, il faudrait déjà que vous puissiez bien gérer celle qui est à votre charge. Depuis 2008, que Monsieur Yaho Calvin est là, le power lifting se résume à deux compétitions par an, l’ouverture et la fermeture de la saison. Comment peut-on avoir les athlètes de haut niveau dans ces conditions ? Dans notre association, nous organisons entre 5 et 10 compétitions l’année depuis 2015. Cette année j’étais à la 4e journée du tournoi lorsqu’il a décidé de bloquer mes activités.

 

 

 

Que s’est-il passé pour que la quatrième journée soit ajournée ?

 

 

Nous avons fait un chronogramme d’activités pour cette année qu’il a validé et nous l’avons acheminé au Minsep. Ce chronogramme incluait plusieurs autres évènements en vue de préparer justement les championnats d’Afrique en juillet prochain au Ghana. J’ai dû mettre mon association en péril près de 8 à 10 mois pour me consacrer à travailler avec la FECAPOLIF conformément aux textes et toutes mes activités ont été sous l’égide de la FECAPOLIF car ma priorité était de préparer les athlètes afin qu’il soit au top du niveau pour être compétitif. Mon objectif est d’ici deux ans avoir un championnat plus attractif que le football. Je ne sais pas ce qui s’est véritable passé car j’ai été moi même surpris qu’à la veille de la quatrième journée, je vois un communiqué qui interdit les activités sous le prétexte que c’est illégal. Or, le calendrier ainsi que les dates étaient bien connus et approuvés par lui-même.

 

 

 

Que peut être l’issue de sortie de cette crise aujourd’hui selon vous ?

 

 

Ce que je demande c’est que Monsieur Yaho Calvin puisse d’abord se concentrer à la promotion et la vulgarisation du power lifting qui se meurt au Cameroun, les compétitions inexistantes et les multiples plaintes des athlètes. Rien n’est fait dans ce sens.

 

 

 

 À vous entendre, c’est le divorce total. Doit-on s’attendre dans les jours à venir à ce que vous obteniez votre agrément pour fonctionner en fédération désormais ?

 

C’est ça l’idéal aujourd’hui. Ça permettra à mon équipe et moi de travailler de façon plus libérale et d’apporter beaucoup plus à cette discipline car en tant qu’association nous avons des limites. En réalité pour moi, je n’ai pas de problème avec Monsieur Yaho Calvin. Je suis le seul habilité pour le moment sans me vanter à mieux représenter le bras de fer à l’international au regard de mon  background tant dans l’administration que dans la technicité. Je suis prêt à travailler avec lui mais pas dans la direction voulue par lui car cela ne sert pas la discipline. Sur la question de l’affiliation, nous avons fait une réunion la veille et j’ai été surpris que le lendemain qu’il fasse des déclarations dans les médias en contradiction avec nos accords. C’est pourquoi j’ai démissionné de tous mes attributs à la FECAPOLIF pour désormais me consacrer à mon association parce que moi j’aime travailler avec les personnes qui sont vraies.

 

Entretien réalisé par Sylvain KWAMBI 

 

 

 

 

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