ANAFOOT : LES GRANDES ANNONCES DE CARL ENOW NGACHU

Compte rendu du séminaire de formateur des formateurs de Libreville, Préparatifs du lancement officiel de la rentrée 2019-2020, innovations, nouvelle politique et perspectives, Carl Enow Ngachu le Directeur Général de l’Académie Nationale de Football (ANAFOOT) évoque tous ses sujets dans un entretien à bâtons rompus.

Quelle est l’actualité de l’ANAFOOT ?

C’est la préparation du lancement officiel de la rentrée qui se fera du côté de l’Est à Bertoua le 28 de ce mois de novembre. En outre, nous avons déjà commencé à sillonner les dix régions pour le lancement de la sélection de la 3e cuvée dans les pôles. Nous avons près de 3000 jeunes qui frappent à la porte, et nos équipes vont bientôt se déplacer pour sélectionner les meilleurs jeunes qui devront intégrer l’ANAFOOT.

Le processus de recrutement sera-t-il le même ?

Le processus reste le même, mais on va diminuer l’effectif. On réduit les effectifs à l’entrée au fur et à mesure. Il y aura un moment où on prendra peut-être dix enfants, en fonction des spécificités recherchées. A la création, nous étions à 50 élites et 150 dans les régions, l’année précédente on a diminué, et ce sera ainsi pour les années à venir.

Qu’est-ce qui justifie cette réduction des effectifs ?

Ce qui justifie ce rétrécissement des effectifs c’est que nous sommes déjà en train de tendre vers l’excellence. C’est un processus qui prend du temps, ce sont des formations qui durent environ 6 ans. L’autre chose c’est que si on remarque par exemple qu’il y a un enfant qui nous a échappé lors d’une sélection dans les pôles et qui avait par exemple 14 ans à ce moment,  alors on pourra les remplacer avec ceux qu’on va rétrograder dans la même catégorie d’âge. Cette mesure vise à susciter un concurrence permanente. L’ancienne méthode étant dépassée, nous avons opté désormais de faire des regroupements par âge à l’image de ce qui se fait de bien ailleurs comme en Europe où on ne parle plus de U15, Benjamin et bien d’autres. On procède désormais par tranche d’âge.

Quelle sera l’innovation cette année ?

Ce décembre nous avons prévu des cours de formation pour nos jeunes pensionnaires sur les premiers secours. Nous l’avons fait déjà avec les éducateurs et les chefs de pôle. Il faudrait que lorsqu’un jeune est face à une situation, qu’il sache quels sont les premiers gestes de secours en attendant l’arrivée d’un spécialiste. Ça leur permet de gagner en expérience au fur et à mesure qu’il grandit. À titre d’exemple, il faudrait qu’avant l’arrivée d’un éducateur, si le nez d’un camarade coule, que les autres sachent ce qu’il faut faire attendant. C’est cette différence que nous voulons faire à l’ANAFOOT dans le cadre de la formation de nos pensionnaires. Cette mesure a été validée lors du dernier conseil des études qui s’est tenu le 20 novembre.

Quels sont les débouchés des jeunes que vous formez ?

Nous formons d’abord pour mettre à la disposition de la Fecafoot, c’est-à-dire les clubs. Maintenant notre souhait c’est que les meilleurs terminent à l’équipe nationale, et pour d’autres jouer au haut niveau.

En quoi vos pensionnaires sont-ils différents des autres ?

En matière de communication, nos pensionnaires sont plus avancés que ceux des autres centres de formation. Ce sont des modules qui sont déjà arrêtés, et lorsque nos pensionnaires viennent lors des regroupements, nous les apprenons comment communiquer, en plus des cours sur les TIC, et comme je vous le disais, nous allons intégrer les cours de premiers soins cette année. Lorsque le centre de formation sera opérationnel, ce sera des cours à temps plein durant la formation. Nous voulons arriver au niveau où lorsque nos joueurs s’entraînent, ils ont des montres GPS, qui leur permettent de voir le nombre de km parcourus, et bien d’autres éléments qui concourent à leur mise en forme. À partir de là, il sera facile de leur montrer comment rattraper les manquements en fonction des objectifs fixés par l’encadreur. Ce module sur l’analyse des GPS devait être inscrit cette année, mais ça ne cadrait pas avec notre calendrier, mais ce sera étudié et certainement mis en service l’année prochaine”

Avez-vous fait une étude profonde sur la dernière coupe du monde cadette ?

Avant de répondre à votre question, je voudrais vous annoncer que nous allons très prochainement signer une convention avec l’INJS, ce qui va nous permettre de travailler main dans la main pour améliorer le football camerounais. Nous sommes en train de mettre en place une plateforme et nous avons déjà pris les paramètres anthropométriques de tous nos jeunes, ce qui nous permettra de travailler sur les matchs de football jeunes afin de faire des études comparatives avec ce qui se passe ailleurs. Lorsque vous regardez la dernière coupe du monde des cadets, vous allez remarquer que le football jeune a beaucoup évolué, l’accent n’est plus mis uniquement sur le plan physique. Nous avons mis sur pied une équipe dirigée par Mr Ewané, qui est entrain d’analyser cette coupe du monde. À partir des analyses, nous allons faire des études comparatives, ces recherches seront mises à la disposition de la Fecafoot, à la DTN, pour qu’on voit comment améliorer le football jeune. Ces statistiques seront aussi mises à la disposition des centres de formation pour voir comment travailler.

 Décidément l’ANAFOOT n’est pas que la formation des jeunes, mais un laboratoire du football n’est-ce pas ?

Je vais vous révéler que nous avons les résultats de tous nos enfants. Nous disposons d’une division des enseignements classiques, et d’une division de la recherche. Nous avons demandé un matériel pour 2020 pour la recherche, nous espérons qu’un financement sera octroyé à cet effet car aujourd’hui, il n’est plus possible de jouer au football sans faire de la recherche. Notre plus grand souhait c’est que tous ces étudiants qui sortent de l’INJS, des universités puissent avoir un laboratoire pour leurs recherches en matière de football. D’ailleurs, toutes les universités ont été amenées à créer une filière STAPS, et l’université de Ngaoundéré par exemple nous a déjà écrit pour la signature d’un partenariat. Nous allons organiser une formation en décembre sur les TMS. Nous avons remarqué que la plupart des centres de formation n’ont pas la possibilité de mettre les joueurs en ligne, faire des licences, surtout avec le système FIFA connect aujourd’hui. Généralement lorsque la Fecafoot veut former sur ce domaine, ce sont les clubs professionnels qui sont conviés. Or c’est le football jeune qui a trop de problèmes car s’il n’y a pas de traçabilité à ce niveau, ça devient compliqué et on assiste très souvent à des conflits qu’on aurait pu éviter si tout le monde maîtrisait ces outils là. C’est l’occasion pour nous d’assister ces centres de formation à la maîtrise de cet outil qui est capital pour la traçabilité de leur joueur formé.

Comment allez-vous cela va se passer concrètement ?

Les villes de Douala et Limbé seront notre premier galop d’essai, et nous souhaitons que le maximum de centres de formation participe. Ce travail se fera en partenariat avec la Fecafoot qui viendra avec les experts conjointement avec ceux de l’ANAFOOT. Les thèmes de référence sont déjà calés, et c’est une bonne opportunité pour ces centres de formation qui doivent en bénéficier.

 Vous revenez d’un stage au Gabon, de quoi s’agissait-il ?

C’était un stage de formateurs des formateurs organisé par la FIFA en collaboration avec la CAF et l’UEFA. Nous étions une vingtaine choisis dans la zone UNIFFAC, et il était question d’un recyclage sur les nouveaux systèmes d’évaluation des formateurs des éducateurs et entraîneurs. L’accent était mis sur les diplômes CAF. Aujourd’hui tout le monde ne peut plus dispenser les cours CAF, et notre rôle est d’évaluer ceux qui dispensent ces cours là. Au même moment, nous sommes aussi évalués par ceux de la CAF, la FIFA et l’UEFA. Cela sera mis en exergue dès que la Fecafoot va signer la convention avec la CAF. Donc désormais pour ceux qui voudront passer les diplômes CAF, les fédérations devront signer une convention avec la CAF afin que les directions techniques nationales programment les formations.

En quoi cette formation peut-elle être bénéfique pour l’ANAFOOT ?

Lors de la formation des éducateurs, on doit évaluer nos chefs de pôle, et leur apporter l’expertise nécessaire pour améliorer leur travail sur le terrain en leur montrant les nouvelles méthodologies. Nos missions ne s’arrêtent pas qu’au niveau de l’ANAFOOT, la Fecafoot peut faire appel à nous pour dispenser ces nouvelles méthodologies à ceux qu’ils forment. Je profite pour vous dire que si nous avons pris part à cette formation du côté du Gabon, c’était grâce à la Fecafoot. Donc elle peut faire appel à nous à tout moment, cela fait partie du partenariat que nous sommes entrain de vouloir nouer ensemble.

Par Sylvain KWAMBI

 

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