Tombi A Roko : « je connais bien Ahmad Ahmad, un grand monsieur »

Alors qu’Ahmad Ahmad, le président de la Confédération africaine de football, a créé la polémique en évoquant la non préparation présumée du Cameroun concernant l’organisation de la CAN 2019, le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) lui répond. Tombi A Roko estime au contraire que son pays est largement dans les temps.

« En l’état actuel des choses, aucun site au Cameroun n’est en mesure d’accueillir la CAN ». La déclaration d’Ahmad Ahmad, président de la Confédération africaine de football, a fait l’effet d’une bombe dans le monde du football africain. Choquée, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) tente d’encaisser l’uppercut, alors que la CAF  doit envoyer une mission d’inspection sur place à partir du 20 août.

Tombi A Roko, président de la Fécafoot, se dit serein, et affirme toujours que le Cameroun respectera le cahier des charges de la CAF dans les délais impartis, comme l’a également déclaré le président Paul Biya, jeudi 10 août. Si des travaux restent à accomplir, son pays sera prêt, affirme-t-il à Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Comment avez-vous réagi aux déclarations d’Ahmad Ahmad, qui a mis en doute la capacité du Cameroun à accueillir la CAN 2019 ?

Tombi A Roko : Cela nous a surpris car il n’y a pas eu d’avertissement. Personne ne pouvait s’y attendre. Nous étions en train de préparer sereinement la mission d’inspection qui aura lieu du 20 au 28 août. J’ai été d’autant plus surpris que je connais bien Ahmad Ahmad, un grand monsieur.

Certains observateurs qualifient ces déclarations de coup politique, davantage que de mise en garde sportive. Qu’en pensez-vous ?

Je ne fais pas de procès d’intention et ne peux pas dire si c’est politique. C’est peut-être une erreur de communication.

Cela remet-il en cause de quelque manière la mission d’inspection qui doit avoir lieu ?

Non. La mission d’inspection est d’ailleurs quelque chose de relativement simple puisqu’il suffit au Cameroun de prouver qu’il applique le cahier des charges de la CAF. Nous allons sillonner le pays, amener les inspecteurs à Douala, Yaoundé, Garoua, Limbe et Bafoussam pour observer les travaux en cours. Nous avons déjà accueilli ce genre de mission en 2016 et nous savons donc à quoi nous attendre.

La seule différence, c’est qu’il y aura un expert indépendant. Il y aura un rapport de la commission d’inspection, puis de nombreuses autres missions, jusqu’à la date de l’organisation. Si, au bout du huitième ou neuvième rapport de mission, la CAF constate toujours des retards inquiétants, alors il sera temps de le signaler. Mais jusque-là, c’est prématuré.

Le passage de la CAN à 24 équipes pose-t-il des difficultés ?

Non, cela ne change rien pour nous. À l’époque où nous avons déposé notre candidature, nous avions vu les choses en grand et fixé la barre très haut, avec sept stades prévus pour accueillir la compétition. Qu’elle soit à 16 ou à 24 équipes, nous aurions construit ou rénové les sept mêmes stades pour la CAN. De plus, nous avons organisé une CAN à huit équipes − la féminine − il y a moins d’un an. Nous avons donc été surpris d’entendre qu’on ne pourrait pas même accueillir une CAN à quatre ! Je pense que, si Ahmad Ahmad avait été sur place lors de la CAN féminine, il n’aurait pas tenu ces propos.

Où en sont les travaux ?

Nos trois aéroports internationaux, Garoua, Douala et Yaoundé, ont bien sûr été homologués, et le dernier, à Bafoussam, est utilisé par la compagnie nationale camerounaise, il est donc fonctionnel. Les infrastructures routières entre les villes d’accueil sont également fonctionnelles, tout comme les hôpitaux. Il reste à effectuer les travaux sur la voirie interne de Bafoussam et à prendre livraison de l’hôpital de référence de Garoua, construit par les Coréens. Tout cela va être fait. Nous sommes dans les temps pour respecter le cahier des charges. Il nous reste encore 23 mois !

Quelle leçon tirez-vous de cette polémique ?

Nous communiquerons davantage, à chaque fois qu’un acte sera posé ou qu’une construction ou une rénovation sera achevée. Cela nous évitera peut-être ces mésaventures de communication.

 

 

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