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Sao Tomé et Principe : Une expertise camerounaise au service du football santoméen

L’équipe nationale A’ de Sao Tomé éliminée par les lions A’ du Cameroun samedi dernier dans la course menant au Kenya est entraînée par Gustave Nyoumba, un technicien d’origine camerounaise qui constitue aujourd’hui l’une des grandes épaules du football santoméen.

Parti de son pays natal le Cameroun à l’âge de 20 ans, Gustave Nyoumba établit désormais sa réputation dans la reconstruction du football de son pays d’accueil Sao Tomé et Principe. Le jeune natif de la Sanaga Maritime débarque à Sao Tomé et Principe pour poursuivre ses études mais le football a pris le pas sur ses multiples ambitions. « Je suis arrivé dans ce pays très jeune, ça fait 25 ans que j’y suis. J’ai trouvé un pays en voie de développement, et des opportunités qui m’ont été offertes. Parti du Cameroun avec mon probatoire, j’ai continué mes études à Sao Tomé et principe où j’ai terminé mes études et ma formation sportive avec des stages et des formations en Europe, notamment au Portugal à l’académie Sporting Clube où a d’ailleurs été formé Cristiano Ronaldo. Les opportunités qui m’ont été offertes ici m’ont permis d’atteindre le niveau que j’ai aujourd’hui et aussi je suis instructeur « Senior A » de la CAF pour Sao Tomé et Principe ». Son diplôme d’entraineur de haut niveau en poche, Gustave Nyoumba conscient des efforts consentis pour lui par son pays d’adotion, va se lancer dans le développement du football local, en mettant sur pied un magnifique projet de formation de la base. « Ayant bénéficié de la formation « Grassroots » de la FIFA sur la formation de la base à la haute compétition, mon projet a tout d’abord consisté à créer une académie de football pour la formation à la base car plus tard voir ces jeunes progresser et intégrer le football au sommet est notre objectif. Ce projet a porté ses fruits et vous pouvez constater que tous ces jeunes qui ont joué face au Cameroun sont issus de mon académie. Ce projet voit le jour en 2005, les jeunes commencent à l’académie entre 6 et 8 ans, et vous avez vu qu’ils n’ont pas eu assez de complexe face aux Lions car ils se connaissent depuis tout petit». Mais l’histoire du football Santoméen ne commence véritablement qu’à s’écrire qu’au sortir des années 90 « Sao Tomé et Principe a commencé à participer aux compétitions internationales en 2000 en jouant les préliminaires de la CAN. Mais notre premier match international remonte à 1998 contre le Togo, une rencontre qu’on a dû délocaliser au Gabon pour manque d’infrastructures sportives. Notre immaturité nous a fait prendre une déculotté 5-0 au match aller et 2-0 au match retour. Pour les éliminatoires du mondial 2002, nous avons joué contre la Sierra Leone pour notre première victoire 2-0 à domicile, mais nous avons perdu 4-0 à Freetown. Les éliminatoires de la CAN 2002 ne nous ont pas souri non plus face au Gabon (2-0 à domicile et 4-1 à Libreville) ».

SAO TOME

De ces premières expériences internationales, la fédération Santoméenne de football dans sa nouvelle vision de construire le football à la base, fera appel à Gustave Nyoumba. « En 2003, sous la houlette d’un entraineur portugais qui avait la charge de nous conduire en coupe d’Afrique, on a joué contre la Libye pour les préliminaires du mondial 2006, on a perdu 1-0 à domicile et au retour 8-0. Nous sommes restés 8 ans sans jouer la moindre compétition internationale après la déculotté face à la Libye et c’est là qu’est venue la volonté de reconstruire le football local et la fédération car en 2011 après les élections à la fédération, j’ai été invité pour le projet de l’équipe nationale. J’ai donc misé sur les jeunes de mon académie, mais le tirage au sort ne nous a pas été clément car nous sommes tombés sur le Congo Brazzaville qui nous a gagné 5-0 à domicile. Cette rencontre nous a servi de leçon car trois jours plus tard à Brazzaville après avoir complètement bouleversé l’effectif on a fait match nul 1-1. C’est là le déclic, face au Lesotho on a gagné 1-0 à domicile, et pour la première fois de notre histoire nous avons réussi à passer le premier tour d’une phase éliminatoire. On a ainsi commencé à équilibrer nos rencontres de haut niveau, loin des déculottés dans nos débuts. » Mais la belle aventure va brusquement prendre fin avec le nouveau vent qui souffle sur l’instance faitière, avant de reprendre de plus belles en 2017. « En 2015 les élections à la fédération ont fait souffler un nouveau vent, le projet a été confié à autre sélectionneur et on a replongé (4-0 et 7-1 face au Cap Vert…), le nouveau management ayant misé sur les internationaux évoluant dans des championnats inférieurs au Portugal et autres pays d’Europe. Mais leurs expériences internationales ont permis tout de même de rehausser le niveau de l’équipe nationale en gagnant quelques matchs. Le projet a été de courte durée (2015 et 2017) sans résultats escomptés, et la fédération a refait appel à moi pour rebâtir notre équipe nationale. Sans hésiter j’ai de nouveau misé sur la jeunesse de mon académie ».

Au moment où le football africain est en profonde mutation avec la nouvelle gouvernance de la CAF, Sao Tomé et Principe espère être au rendez vous lors des grands événements du football continental. « Sao Tomé et Principe regorge d’énormes talents, mais il manque des opportunités et c’est ce que nous essayons d’apporter à cette jeune génération pour un développement probant et efficace du football Santoméen. La progression est effective car de nos débuts à ce jour, les avancées sont considérables et même s’Il y a un fossé entre Sao Tomé et le Cameroun en matière de football, le fait d’avoir joué les champions d’Afrique de manière décomplexée nous a donné les ailles de pouvoir affronter n’importe quelle nation au monde sans avoir froid au dos.»

Par Sylvain KWAMBI

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